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Le décollage tant
attendu de la voix sur IP (VoIP), et annoncé
comme inévitable par certains il y a deux ans,
ne s'est pas produit. En tout cas pas dans les proportions
qui étaient espérées par les opérateurs
et fournisseurs de services sur IP, constate une étude
Frost
& Sullivan consacrée au marché
européen des équipements de VoIP.
Le cabinet américain fait le point à la
fin de l'année 2001 des vecteurs de croissance
de ce marché ainsi que des points de résistance
pour la période 2000-2006, et fournit un classement
des principaux fabricants de passerelles IP en 2001.
Cisco
et Clarent
arrivent largement en tête, sur un marché
qui de 259 millions de dollars cette année pourrait
atteindre 2,89 milliards en 2006.
Internet
haut-débit et concurrence
Selon
le cabinet, les deux principaux leviers de croissance
du marché de la téléphonie sur
IP dans les deux ou trois prochaines années devraient
être la poursuite de la
déréglementation
du secteur des télécoms en Europe et les
économies que permet cette technologie, notamment
pour les appels longue distance. Avec l'arrivée
d'opérateurs alternatifs, les opérateurs
traditionnels ont en effet dû baisser leurs tarifs,
et devront, pour compenser ce manque, développer
rapidement de nouveaux services, entrainant une hausse
des commandes de passerelles IP. Pour cela, il faudra
que les réseaux IP à haut-débit
se développent plus largement, condition sine
qua non à la fois de l'amélioration de
la Qos (qualité de service) du trafic de la voix
sur IP, et de son adoption dans un contexte professionnel
(pour des centres de contacts multimédia ou pour
des applications de messagerie unifiée, spécialement).
Ce dernier point prendra une importance croissance à
partir de 2005-2006, en même temps que les services
à forte valeur ajoutée se propageront
plus largement.
Des
freins d'ordre purement conjoncturel
Les facteurs limitant l'essor de la VoIP
sont pour l'essentiel au nombre de trois, tous d'ordre
conjoncturel et leur effet ne devrait pas perdurer au-delà
de 2005. Le durcissement des marchés financiers
envers les télécoms, le manque de qualité
perçu de la voix sur IP et le dégroupage
partiel de la boucle locale sont les principaux points
d'achoppement que relève le cabinet d'études.
Concernant le premier point, Frost & Sullivan rappelle
que les investissements massifs réalisés
en 1999 se sont taris, et qu'en conséquence les
opérateurs ont dû revoir à la baisse
- au moins temporairement - leurs ambitions de déploiement
de nouveaux réseaux. L'exigence
de qualité va aller croissant pour sa part, à
mesure que la différence de prix avec le réseau
commuté va diminuer. En conséquence, les
problèmes actuels d'écho, de "jitter"
et de perte de packets IP devront être rapidement
résolus. Le dégroupage, dont dépend
pour une bonne part le développement des réseaux
à haut-débit, ayant pris du retard, il
faudra attendre 2003 pour que l'Europe - qui ne compte
actuellement que 1,5 millions de lignes DSL - offre
les conditions de libre concurrence nécessaires
à l'envol des ventes d'équipements de
VoIP.
Un
marché en progression globale de près
de 50%
Si la croissance à trois chiffres
enregistrée ces deux dernières années
est loin derrière eux, les fabricants de passerelles
devraient néanmoins bénéficier
d'une courbe de
ventes
en augmentation constante jusqu'en 2006. Selon Frost
& Sullivan, les constructeurs ont vendu en 2001
30% de ports de gateways de plus qu'en 2000 (passant
de 780 000 à plus d' 1 000 000), et la progression
est exponentielle, qui pourrait représenter plus
de 2 millions de ports dès l'année prochaine,
pour atteindre 18 millions d'unités en 2006.
Le chiffre d'affaires prévu est lui aussi en
très forte progression, mais dans une moindre
mesure que les volumes de ventes, avec une diminution
sensible du prix unitaire des ports (de 340 dollars
en 2000 à 160 dollars à peine en 2006).
Ainsi, le CA 2000
qui etait de 265 millions de dollars l'année
dernière, aurait tout juste atteint 259 millions
cette année, malgré la hausse de 30% citée
plus haut. La progression globale du CA entre 2000 et
2006 pourrait tout de même représenter
un total de 48,9%, pour atteindre 2,9 milliards de dollars
dans 5 ans.
Au classement général des constructeurs,
Cisco et Clarent figurent en tête de liste, avec
respectivement 39,3 % de part de marché et 16,5%,
devant Lucent (10,6%), 3Com (6%), Vocaltec (4,4%), Alcatel
(4,3%) et Motorola (3,5%). Suivent Siemens, Ericsson
et Nuera, avec entre 2,7% et 0,4% du marché.
Clarent rattrape cependant son retard sur le leader
concernant le marché des passerelles pour opérateurs
(avec 25,6% contre 39,6% pour Cisco), alors que c'est
Alcatel qui fait figure de challenger sur le marché
des gateways pour les entreprises, avec 19,8% de parts
de marché, derrière Cisco (33,8%).
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